|
Cela nous amène à un exercice élaboré par Mario Gonzales.

Mario Gonsales est un metteur en scène qui a développé une approche et une méthode d’apprentissage du clown à partir des techniques de la Commedia dell'arte. Il est à la base d’une série d’exercices dont l’un que j’appelle “placements”, et qui consiste à apprendre à se donner une direction, des objectifs, tout en restant ouvert à l’imprévu.
C’est un exercice d’apprentissage de règles communes qui visent à faciliter la communication, la cohérence et la lisibilité pour le public, pendant une improvisation. Il connecte ceux qui le pratiquent avec le présent, avec soi et avec les autres par la réalisation d’objectifs simples et concrets dans l’espace scénique.
La pertinence de l’exercice en général et avec ce public en particulier est multiple : se mettre au présent sur scène, c’est apprendre à se mettre au présent en société, percevoir la différence entre ce qu’on voudrait qui soit et ce qui est vraiment, entre ce qu’on fait et la manière dont c’est perçu et compris par les autres, entre l’image que nous avons de notre corps, l’histoire de celui-ci et celle que reçoivent et comprennent les autres.
***
Mise en place :
Je dispose des chaises (autant que de participants) en arc de cercle dans la salle, dans le sens de la longueur. Puis,13 post-it également en arc de cercle et en vis à vis des chaises. Fluorescents pour qu’on les voit bien, à égale distance les uns des autres et si possible dans l'axe central de la salle, comme en position de miroir par rapport aux chaises.
J’installe pour moi deux chaises, de part et d'autre de ce qui va être la scène, de part et d'autre des autres chaises. Ces deux chaises c’est mon axe, c’est de là que je vais intervenir, me lever, m’asseoir, traverser, pour situer le jeu et faire les liens entre ce qui se passe sur scène et dans le public.
J’invite les participants à s'asseoir.
Je demande à l'un d’entre eux de se lever et de marcher vers un post-it en le regardant avec tout le visage (comme dans l'exercice précédent), pendant toute la durée du parcours, puis de se positionner dessus, face au public. Marc s’exécute.
Une fois qu’il est placé je lui demande de revenir s’asseoir selon la consigne qui va suivre, en décomposant bien chaque action pour la rentre lisible pour le public : avant de se déplacer, Il devra d'abord regarder la chaise où il veut reprendre place dans le public, puis regarder une personne du public dans les yeux. Lorsqu'il ira vers sa destination , il devra rester continuellement en contact-regard avec la personne choisie, sans jamais regarder la chaise.
Jean Marc a traversé la scène en regardant bien son point pendant tout le parcours mais, au bout d’un moment, il a cessé d’adapter l’axe de son visage à la direction du post-it : il aurait dû se tourner de plus en plus bas au fur et à mesure qu'il se rapprochait du post-it au sol .
|